Installée dans un Hôtel Renaissance, au cœur de Troyes, la Maison de l'Outil, abritée en l'Hôtel Mauroy, est devenue un conservatoire de l'histoire des métiers et des techniques grâce à sa collection unique au monde d'outils et de livres. La Maison de l'Outil est devenue un centre de ressource important pour tous ceux qui interrogent le passé afin de mieux préparer l'avenir. Elle présente une collection de plus de 10 000 pièces uniques, outils dits de « façonnage à main » datant des 18 et 19e siècles. Amorcée par Paul FELLER de 1958 à 1978 – 1953 pour les livres – la collection est développée et gérée par les Compagnons du Devoir depuis 1969. Les outils sont présentés dans des vitrines et sont répartis par genre, métier ou fonction. A cet ensemble d'outils, s'ajoute une bibliothèque qui préserve près de 35 000 ouvrages traitant des métiers, des techniques, de la transmission du savoir ou encore de la vie ouvrière.
La Maison de l'Outil et de la Pensée Ouvrière souhaite sensibiliser le grand public et les scolaires à la conservation et au re-développement de la production des végétaux médiévaux. Ces végétaux sont à la fois chargés d'histoire et de secrets.
Initié l’an dernier avec l’exposition « le jardin médiéval, métaphore du paradis », cette deuxième édition est consacrée au jardin potager selon le plan idéal de l’hortus de l’abbaye de Saint-Gall.
Le plan de Saint-Gall ne livre pas de représentation précise d'un jardin, il se borne à situer et à donner la forme globale occupée par cet espace dans l'ensemble monastique. On y distingue toutefois plusieurs espaces spécialisés, tradition probablement héritée d'une organisation rationnelle des cultures décrite par l'érudit romain Varron (116-27 av. J.-C.) pour la villa rustica. Au jardin du cloître s'ajoutent ainsi le petit enclos des plantes médicinales, herbularius, le verger du cimetière, viridarium, et enfin le potager, hortus. Bien que de dimensions différentes, l'hortus et l'herbularius sont tous deux divisés en pièces régulières. Et ces parterres, délimités par de petits monticules de terre, sont bordés de passages ; il est probable que cette disposition était destinée à faciliter drainage et irrigation.
Le jardin potager est le plus vaste avec environ 200 m2 de superficie. Ses dix-huit plates-bandes rectangulaires alignées sur deux rangées sont bordées par la maison du jardinier et les différents poulaillers pourvoyeurs de fumure. On y cultive les herbes et les racines, c'est-à-dire les plantes dont on mange soit la partie aérienne, soit la partie souterraine : les salades et les légumes, l'oignon, le céleri, la laitue, le radis, le poireau, l'ail, le persil, le panais, ou encore la betterave.
Grâce au partenariat actif du Service des Espaces verts de la ville de Troyes et du Jardin botanique de Marnay sur Seine, la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière pourra présenter la reconstitution d’un jardin potager, hortus, selon l’évocation du plan de Saint-Gall. Le Jardin botanique de Marnay a préparé, depuis la fin de l’exposition précédente, les semences et les plants qui seront répartis dans les plessis. Les Espaces verts ont, eux, pour mission depuis le même temps, d’en trouver aussi, mais surtout de les faire s’épanouir, de les préparer afin de mettre en terre le tout, début mai, pour l’installation de l’exposition.
Cette année, l’exposition dure jusqu’au mois de novembre pour la simple raison que le potager aura son apogée à l’automne, il lui faut du temps pour s’épanouir et pour permettre de montrer une multitude de plantes potagères qui ont des floraisons ou un épanouissement désynchronisés les uns des autres. Ce sera un jardin vivant qui sera récolté régulièrement.